{"id":4590,"date":"2014-12-04T17:03:07","date_gmt":"2014-12-04T17:03:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.francejobin.com\/?p=4590"},"modified":"2014-12-04T17:07:01","modified_gmt":"2014-12-04T17:07:01","slug":"the-illusion-of-infinitesimal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.francejobin.com\/?p=4590","title":{"rendered":"review \u2013 the illusion of infinitesimal \u2013 (baskaru) 2014 &#8211; feardrop (FR)"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.francejobin.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/KARU27_1440x1440.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4276 size-medium\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.francejobin.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/KARU27_1440x1440.jpg?resize=300%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"KARU27_1440x1440\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.francejobin.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/KARU27_1440x1440.jpg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.francejobin.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/KARU27_1440x1440.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.francejobin.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/KARU27_1440x1440.jpg?resize=1024%2C1024&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.francejobin.com\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/KARU27_1440x1440.jpg?w=1440&amp;ssl=1 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>France Jobin<\/strong><br \/>\n<em>The Illusion Of Infinitesimal<\/em><br \/>\nFRANCE\u00a0<a href=\"http:\/\/baskaru.com\/\" target=\"_blank\">BASKARU<\/a>\u00a0KARU:27 CD (2014)<\/p>\n<p>Je suis pr\u00eat \u00e0 soutenir, aussi paradoxal que cela puisse sembler, que cet album, ou plut\u00f4t sa musique, cette expression du fragile aux portes de la perception, cette exp\u00e9rience intime du minimalisme formel et tonal, entretient un rapport serr\u00e9 avec le langage. Je pourrais ne prendre \u00e0 t\u00e9moin que la suite num\u00e9rique qu\u2019offre la liste des trois morceaux : <i>-1\/2<\/i>, <i>0<\/i> et <i>+1<\/i>. Mais c\u2019est d\u2019autre chose qu\u2019il s\u2019agit. Lorsqu\u2019il est question d\u2019exprimer un sentiment d\u00e9licat, il arrive que la parole d\u00e9faille, se fragilise, proche de chuter ou de dispara\u00eetre. Il convient d\u2019accorder alors son discours \u00e0 son esprit et plus encore aux rythmes de son corps. Plonger ainsi en soi requiert le don de la microscopie et de la lente navigation. C\u2019est ainsi que vogue France Jobin sur la musique qui est un calme miroitement, sur une surface faiblement fluctuante, soumise \u00e0 la brise la plus faible. Pourtant, sous l\u2019effet d\u2019un tropisme lunaire, le flux et le jusant guident le retour incessant du motif que l\u2019on ne songe m\u00eame pas \u00e0 qualifier de r\u00e9p\u00e9titif tant il semble appartenir \u00e0 la s\u00e9quence naturelle, bien plus qu\u2019\u00e0 l\u2019artifice de l\u2019homme. Ce fredonnement de lumi\u00e8re s\u2019\u00e9loigne comme le jour au cr\u00e9puscule, mais, ainsi qu\u2019au p\u00f4le pendant certaine p\u00e9riode, la nuit ne tombera pas, laissant le couchant s\u2019\u00e9terniser. Mer et ciel se fondent en un harmonique unique, un filin l\u00e9g\u00e8rement vibrant, une quasi-monochromie. Avec ses fuselages bleut\u00e9s, ce minimalisme \u00e9voque les beaux sons des fr\u00e8res Voigt, Gas et Sturm, sans le rythme. C\u2019est une musique qui laisse au regard, \u00e0 l\u2019oreille, le soin de la compl\u00e9ter, car elle s\u2019exile aux abords du perceptible sans d\u00e9laisser la vague mais en la filtrant, sans sacrifier sa densit\u00e9 mais son volume.<br \/>\nOn nous pr\u00e9vient d\u2019ailleurs, sur la pr\u00e9sentation que le label offre \u00e0 ce disque, que le volume d\u2019\u00e9coute, mais aussi sa modalit\u00e9 (\u00e9couteurs ou haut-parleurs) conditionneront l\u2019approche et la r\u00e9ception de la musique, que de nouvelles formes, de nouvelles structures se d\u00e9voileront selon le contexte. Je me suis cantonn\u00e9 \u00e0 un volume toujours assez faible, mais la double exp\u00e9rience des enceintes et des \u00e9couteurs offre effectivement des paysages, non diff\u00e9rents, mais un panorama infime b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un \u00e9clairage, d\u2019une hygrom\u00e9trie, d\u2019une attention au relief qui varient ainsi sensiblement. Il me semble \u00e9galement qu\u2019avec le casque les \u00e9piphanies d\u2019harmoniques s\u2019exacerbent, alors que les enceintes offrent un empan plus large. Pareillement, le casque permet un rendu quasi tactile des minuscules effondrements qui traversent de loin en loin la vague lumineuse, retrouvant alors le panorama car d\u00e9non\u00e7ant telle la vigie la rotondit\u00e9 de l\u2019horizon.<br \/>\nLe langage, lui aussi, ne permet-il pas diverses interpr\u00e9tations selon, que sais-je, l\u2019heure, le temps, la fatigue, l\u2019humeur, la connaissance du lieu, le rappel \u00e0 un contexte ant\u00e9rieur, le ton\u2026 Je parle avant tout d\u2019un langage murmur\u00e9, proche du secret que seul peut r\u00e9v\u00e9ler compl\u00e8tement le retour au non-langage, et l\u2019on sait ce que cela implique. Alors, pour s\u2019approcher, r\u00f4dant dans ce domaine flou o\u00f9 les perceptions sont toujours sur le point de trahir, on s\u2019accorde aux respirations, aux teintes changeantes, au frisson sur la peau, \u00e0 la musique.<\/p>\n<h6><a href=\"http:\/\/www.feardrop.net\/main.php?page=chroniques_save.php#2_0\">feardrop<\/a>, Denis Boyer, 2014-09-17<\/h6>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>France Jobin The Illusion Of Infinitesimal FRANCE\u00a0BASKARU\u00a0KARU:27 CD (2014) Je suis pr\u00eat \u00e0 soutenir, aussi paradoxal que cela puisse sembler, que cet album, ou plut\u00f4t sa musique, cette expression du fragile aux portes de la perception, cette exp\u00e9rience intime du minimalisme formel et tonal, entretient un rapport serr\u00e9 avec le langage. 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