{"id":6963,"date":"2024-04-12T19:03:28","date_gmt":"2024-04-12T19:03:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.francejobin.com\/?page_id=6963"},"modified":"2024-09-06T13:43:42","modified_gmt":"2024-09-06T13:43:42","slug":"enchevetrements-france-jobin-francais","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.francejobin.com\/?page_id=6963","title":{"rendered":"Enchev\u00eatrements &#8211; France Jobin &#8211; Fran\u00e7ais"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9canique quantique m\u2019a ouvert les portes d\u2019un monde complexe, qui ne se laisse pas facilement appr\u00e9hender. Ce monde de probabilit\u00e9s infinies nous apprend que nos yeux ne sont pas du tout assez per\u00e7ants pour percevoir l\u2019univers tel qu\u2019il est r\u00e9ellement. Cette perspective me parle beaucoup, car j\u2019y vois une ressemblance avec ma fa\u00e7on d\u2019\u00e9couter lorsque je fais mes enregistrements de terrain : je n\u2019entends alors pas les sons en tant que tels \u2013 j&#8217;entends ce que je peux en faire pour cr\u00e9er de tout nouveaux sons.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 m\u2019int\u00e9resser s\u00e9rieusement aux sciences, et tout particuli\u00e8rement \u00e0 la m\u00e9canique quantique, en 2008-2009. \u00c0 cette \u00e9poque, la communaut\u00e9 scientifique s\u2019enthousiasmait pour la th\u00e9orie des cordes, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle, peut-\u00eatre, une grande th\u00e9orie du Tout allait enfin pouvoir \u00eatre formul\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Serait-il donc possible que nous vivions dans un monde \u00e0 onze dimensions et non quatre ? Fascin\u00e9e, je me lan\u00e7ai dans une qu\u00eate de savoir d\u2019autant plus ardue que je ne poss\u00e9dais aucune connaissance particuli\u00e8re dans ce domaine et que je disposais de peu de temps libre. Je me tenais malgr\u00e9 tout au courant des th\u00e9ories \u00e9mergentes m\u00eame si je ne pouvais que les survoler.<\/p>\n\n\n\n<p>La pand\u00e9mie est toutefois venue changer la donne en me donnant enfin le temps de m&#8217;immerger dans les profondeurs de la m\u00e9canique quantique. Le ph\u00e9nom\u00e8ne qui me fascine tout particuli\u00e8rement est celui de l\u2019enchev\u00eatrement quantique. La physique moderne n\u2019en comprend pas de plus \u00e9trange que lui, hormis peut-\u00eatre celui de la gravit\u00e9 : il d\u00e9fie toute explication logique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas une mince affaire que de se mettre \u00e0 \u00e9tudier le monde \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019atome. Pendant les six premiers mois de mon initiation, je me trouvai perdue dans un brouillard \u00e0 couper au couteau, mais j\u2019en tirai une pr\u00e9cieuse le\u00e7on : m\u00e9canique quantique et probabilit\u00e9s \u00e9tant intrins\u00e8quement li\u00e9es, mes difficult\u00e9s jouaient en ma faveur. En effet, il faut \u00eatre pr\u00eate \u00e0 perdre tout rep\u00e8re avant de pouvoir s&#8217;ouvrir aux excentricit\u00e9s et aux terres inconnues mais envo\u00fbtantes de cet univers. Heureusement, j\u2019eus la chance de trouver en M. Richard Hogdskin-Brown, qui fait son doctorat en Angleterre, un pr\u00e9cieux mentor pour m\u2019aider \u00e0 assouvir ma soif de savoir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019enchev\u00eatrement quantique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il est un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9trange au royaume des particules, c\u2019est bien celui de l\u2019<em>enchev\u00eatrement<\/em>, aussi connu sous le nom d\u2019<em>intrication quantique<\/em>. Lorsque deux particules ind\u00e9pendantes (ou plus) entrent en relation, elles forment un unique syst\u00e8me : leurs \u00e9tats deviennent interd\u00e9pendants et le demeurent quelle que soit la distance qui les s\u00e9pare. Cela veut dire que m\u00eame si deux particules enchev\u00eatr\u00e9es sont tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es l\u2019une de l\u2019autre, toute mesure effectu\u00e9e sur l\u2019une donne la mesure correspondante de l\u2019autre, mais aussi que toute action exerc\u00e9e sur l\u2019une affecte in\u00e9vitablement l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut savoir qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle du monde quantique, on ne sait jamais rien de fa\u00e7on certaine. Il est notamment impossible de conna\u00eetre la position exacte d\u2019un \u00e9lectron dans un atome. On ne peut qu&#8217;\u00e9noncer des probabilit\u00e9s sur cette position. Alors un <em>\u00e9tat quantique<\/em>, c\u2019est la description d\u2019une propri\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e, comme la position ou le moment cin\u00e9tique d\u2019une particule, exprim\u00e9e au moyen d\u2019une probabilit\u00e9. Ainsi, pour un \u00e9lectron, son \u00e9tat quantique nous renseigne sur les positions o\u00f9 il est plus ou moins probable de se trouver dans l\u2019atome parmi toutes les positions possibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour comprendre, remontons \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 1935. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, on savait que plusieurs \u00e9tats quantiques pouvaient \u00eatre corr\u00e9l\u00e9s et que, dans ce cas, toute mesure effectu\u00e9e sur l\u2019un des \u00e9tats influen\u00e7ait le r\u00e9sultat des mesures effectu\u00e9es sur les autres. Albert Einstein, Boris Podolsky et Nathan Rosen d\u00e9cident alors d\u2019\u00e9tudier ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Ils d\u00e9montrent ce faisant que lorsque deux particules sont fortement corr\u00e9l\u00e9es, elles perdent leurs \u00e9tats respectifs et se mettent \u00e0 partager un seul \u00e9tat commun.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Erwin Schr\u00f6dinger, l\u2019un des p\u00e8res fondateurs de la m\u00e9canique quantique, est ensuite le premier \u00e0 utiliser le terme d\u2019<em>enchev\u00eatrement<\/em> <em>quantique<\/em> pour parler de ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Pour lui, l\u2019enchev\u00eatrement constitue l\u2019aspect fondamental de la m\u00e9canique quantique, car son existence m\u00eame marque une rupture compl\u00e8te avec les lois de la physique classique.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce que le trio Einstein, Podolsky et Rosen d\u00e9couvre \u00e9galement, c\u2019est que si l\u2019on conna\u00eet l\u2019\u00e9tat quantique d\u2019une seule particule au sein d\u2019un syst\u00e8me enchev\u00eatr\u00e9, on conna\u00eet instantan\u00e9ment celui des autres particules, aussi \u00e9loign\u00e9es soient-elles les unes des autres. Elles pourraient \u00eatre plac\u00e9es aux extr\u00e9mit\u00e9s de la galaxie, ce serait en th\u00e9orie toujours le cas. Et cela contredit la th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de la relativit\u00e9 d\u2019Einstein, d\u2019apr\u00e8s laquelle aucune information ne peut voyager plus vite que la lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne porte le nom de <em>paradoxe d\u2019Einstein, Podolsky et Rosen<\/em>, ou paradoxe EPR. Einstein le qualifiait d\u2019\u00ab action surnaturelle \u00e0 distance \u00bb et, pour lui, son existence prouvait l\u2019incompl\u00e9tude de la th\u00e9orie quantique. Pourtant, des exp\u00e9riences men\u00e9es depuis par des \u00e9quipes aux quatre coins du monde confirment invariablement que des particules enchev\u00eatr\u00e9es interagissent instantan\u00e9ment quelle que soit la distance qui les s\u00e9pare. \u00c0 ce jour, la m\u00e9canique quantique demeure irr\u00e9fut\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Est-il possible de provoquer le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019enchev\u00eatrement ? Oui, il existe diverses fa\u00e7ons d\u2019y parvenir, l\u2019une d\u2019entre elles consistant \u00e0 refroidir autant que possible des particules et de les rapprocher pour que leurs \u00e9tats quantiques (repr\u00e9sentant l\u2019incertitude de leur position) c\u2019est-\u00e0-dire leurs positions possibles) se superposent au point qu\u2019il devient impossible de les distinguer les unes des autres. On peut aussi utiliser les propri\u00e9t\u00e9s de la radioactivit\u00e9 : la d\u00e9sint\u00e9gration d&#8217;atomes g\u00e9n\u00e8re des particules \u00e9l\u00e9mentaires enchev\u00eatr\u00e9es. Autre solution encore, celle de scinder des photons en deux. Chaque paire de photon obtenue de cette fa\u00e7on est automatiquement intriqu\u00e9e. Il est aussi possible d&#8217;enchev\u00eatrer des photons dans un c\u00e2ble de fibre optique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la vie quotidienne, les propri\u00e9t\u00e9s de l\u2019enchev\u00eatrement quantique sont, entre autres, mises \u00e0 profit en cryptographie. L\u2019\u00e9metteur d\u2019un message et son destinataire cr\u00e9ent ainsi un canal de communication s\u00fbr qui contient des paires de particules intriqu\u00e9es. Ces derni\u00e8res servent \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des cl\u00e9s exclusivement personnelles pour crypter les communications. Si une tierce personne intercepte un message et tente de le d\u00e9crypter, le lien qui unit les deux particules est imm\u00e9diatement rompu, car la moindre intervention sur un syst\u00e8me intriqu\u00e9 alt\u00e8re son \u00e9tat quantique. L\u2019\u00e9metteur et le r\u00e9cepteur du message sont alors pr\u00e9venus que le canal de communication n&#8217;est plus s\u00fbr. Impossible donc d\u2019espionner une communication crypt\u00e9e de cette mani\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;intrication est \u00e9galement au c\u0153ur du principe de l\u2019ordinateur quantique. Ce dernier contient de nombreuses particules enchev\u00eatr\u00e9es qui synchronisent leurs efforts pour r\u00e9soudre rapidement des probl\u00e8mes complexes. Un ordinateur quantique de dix qubits (\u00ab bits quantiques \u00bb) seulement poss\u00e8de une capacit\u00e9 de m\u00e9moire correspondant \u00e0 2<sup>10<\/sup> bits classiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La superposition d&#8217;\u00e9tats<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;enchev\u00eatrement quantique d\u00e9coule d&#8217;un autre principe propre \u00e0 la m\u00e9canique quantique qui porte le nom de <em>superposition d&#8217;\u00e9tats<\/em>. C\u2019est ce principe qu\u2019illustre Schr\u00f6dinger avec son fameux chat. Dans cette exp\u00e9rience de pens\u00e9e, un chat est plac\u00e9 \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur d\u2019une bo\u00eete herm\u00e9tique contenant des particules \u00e9l\u00e9mentaires dont les \u00e9tats ont autant de chance de changer que de ne pas changer, ainsi que du poison mortel qui sera r\u00e9pandu si un changement d&#8217;\u00e9tat survient. Pour l\u2019observateur ext\u00e9rieur, le chat en question est <em>\u00e0 la fois<\/em> vivant <em>et<\/em> mort, et non vivant <em>ou <\/em>mort : c&#8217;est le paradoxe de la superposition quantique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si l&#8217;on d\u00e9crit l&#8217;Univers en termes emprunt\u00e9s \u00e0 la physique quantique, on peut dire qu&#8217;il est une gigantesque fonction d\u2019onde qui se propage depuis son origine et s\u2019\u00e9loigne de plus en plus de son point de d\u00e9part. Tant que rien ne perturbe l&#8217;onde, l&#8217;Univers se trouve dans une infinit\u00e9 d\u2019\u00e9tats diff\u00e9rents dont l\u2019\u00e9volution ob\u00e9it \u00e0 deux lois math\u00e9matiques distinctes. Mais lorsque la fonction d\u2019onde se r\u00e9duira, lorsque l&#8217;Univers se r\u00e9tractera sur lui-m\u00eame, il ne sera plus que dans un \u00e9tat unique, comme une particule qui a \u00e9t\u00e9 localis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Revenons au principe de superposition : il \u00e9nonce que s&#8217;il y a plusieurs configurations d\u2019\u00e9tats possibles au sein d\u2019un syst\u00e8me physique, c\u2019est-\u00e0-dire de mani\u00e8res dont sont arrang\u00e9s ses particules ou champs, alors son \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral est une combinaison de toutes les configurations possibles. C\u2019est un nombre complexe qui pr\u00e9cise la proportion de chaque configuration possible.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab L\u2019enchev\u00eatrement quantique est l\u2019application du principe de superposition des \u00e9tats \u00e0 un syst\u00e8me comprenant au moins deux sous-syst\u00e8mes, un sous-syst\u00e8me \u00e9tant une particule. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Imaginez d\u2019un c\u00f4t\u00e9 une particule 1 qui peut \u00eatre dans l\u2019un de deux \u00e9tats que nous nommerons A et C, et que ces \u00e9tats repr\u00e9sentent deux propri\u00e9t\u00e9s contradictoires (il pourrait s\u2019agir de sa position spatiale, par exemple) ; et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 une particule 2 qui peut, elle, \u00eatre dans l\u2019un de deux \u00e9tats possibles not\u00e9s B ou D. Encore une fois, ces \u00e9tats pourraient repr\u00e9senter des propri\u00e9t\u00e9s contradictoires telles que se trouver \u00e0 deux endroits diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>Une configuration possible est donc que la particule 1 soit dans l\u2019\u00e9tat A tandis que de son c\u00f4t\u00e9 la particule 2 est dans l\u2019\u00e9tat B. Dans ce cas, le syst\u00e8me est dans l\u2019\u00e9tat AB. De m\u00eame, si le syst\u00e8me est dans l\u2019\u00e9tat CD, cela signifie que la particule 1 est dans l\u2019\u00e9tat C et la particule 2 est dans l\u2019\u00e9tat D. Les \u00e9tats AB ou CD sont ce que l\u2019on appelle des <em>produits d\u2019\u00e9tats<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au sein du syst\u00e8me, les produits d\u2019\u00e9tat AB et CD coexistent, si bien que l\u2019\u00e9tat du syst\u00e8me est la somme des produits AB + CD. On reconna\u00eet le principe de superposition : il s\u2019agit de la combinaison des \u00e9tats possibles de chaque particule appliqu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du syst\u00e8me \u00e0 deux particules. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le principe de superposition permet au syst\u00e8me d&#8217;\u00eatre dans une telle combinaison d&#8217;\u00e9tats, et l\u2019\u00e9tat AB + CD pour l&#8217;ensemble du syst\u00e8me est appel\u00e9 <em>\u00e9tat enchev\u00eatr\u00e9<\/em>. Alors que le produit d\u2019\u00e9tat AB (et de m\u00eame CD) attribue des propri\u00e9t\u00e9s d\u00e9finies aux particules 1 et 2 (ce qui signifie, par exemple, que la particule 1 est \u00e0 l&#8217;emplacement A et la particule 2 \u00e0 l&#8217;emplacement B), l&#8217;\u00e9tat enchev\u00eatr\u00e9 &#8211; puisqu&#8217;il constitue une superposition &#8211; ne le fait pas. Il dit seulement qu&#8217;il y a des possibilit\u00e9s concernant les particules 1 et 2 qui sont corr\u00e9l\u00e9es, en ce sens que si des mesures sont faites, alors si la particule 1 se trouve dans l&#8217;\u00e9tat A, la particule 2 doit \u00eatre dans l&#8217;\u00e9tat B ; et de m\u00eame pour les \u00e9tats C et D.<\/p>\n\n\n\n<p>La diff\u00e9rence entre la superposition et l\u2019enchev\u00eatrement, c\u2019est que dans un \u00e9tat superpos\u00e9, chaque particule reste ind\u00e9pendante. On observe simplement que si de son c\u00f4t\u00e9 la particule 1 est dans l\u2019\u00e9tat A, il s\u2019agit d\u2019une propri\u00e9t\u00e9 qui lui est propre et cela arrive ind\u00e9pendamment du fait que de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, la particule 2 soit dans l\u2019\u00e9tat C. Par contre, dans une configuration enchev\u00eatr\u00e9e, les propri\u00e9t\u00e9s attribuables aux particules ne sont plus ind\u00e9pendantes les unes des autres mais corr\u00e9l\u00e9es, c\u2019est-\u00e0-dire que si la particule 1 est mesur\u00e9e dans l\u2019\u00e9tat A, alors la particule 2 est <em>forc\u00e9ment<\/em> dans l\u2019\u00e9tat B, et inversement. Et si la particule 1 est mesur\u00e9e dans l\u2019\u00e9tat C, alors la particule 2 est <em>forc\u00e9ment<\/em> dans l\u2019\u00e9tat D.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, quand la particule 1 et la particule 2 sont enchev\u00eatr\u00e9es, on ne peut rien savoir de l\u2019\u00e9tat de l\u2019une sans conna\u00eetre du m\u00eame coup l\u2019\u00e9tat de l\u2019autre. Si on peut se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 chacune individuellement lorsqu\u2019elles sont dans les produits d\u2019\u00e9tats AB ou CD, ce n\u2019est plus le cas lorsque leurs \u00e9tats AB + CD sont superpos\u00e9s. C\u2019est la superposition des deux produits d\u2019\u00e9tats qui entrem\u00eale les particules. \u00bb *1<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u2019autres termes, dans une interaction quantique, les ondes de deux particules interagissent et fusionnent en une seule grande onde commune aux deux particules et d\u00e8s lors ces derni\u00e8res forment un syst\u00e8me commun caract\u00e9ris\u00e9 par une fonction d\u2019onde unique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La superposition d\u2019ondes explique le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019<em>interf\u00e9rence<\/em>, puisque chaque particule se comporte comme une onde tant qu\u2019elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9e. L\u2019exp\u00e9rience des deux fentes de Young met en \u00e9vidence le caract\u00e8re ondulatoire des particules : imaginez deux photons qui seraient confront\u00e9s \u00e0 un mur infranchissable sauf par deux fentes. Les deux ondes traversent donc le mur aux deux m\u00eames endroits \u00e0 la fois, ce qui r\u00e9sulte en une superposition de tous les \u00e9tats de ces photons. Cela modifie la fonction d\u2019onde des photons, et donc leurs \u00e9tats possibles. Il faut alors utiliser la r\u00e8gle de Born pour calculer les nouvelles probabilit\u00e9s de localisation des photons.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour r\u00e9sumer, le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019enchev\u00eatrement s\u2019observe lorsque les \u00e9tats d\u2019au moins deux particules se superposent : le syst\u00e8me interf\u00e8re avec lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que les physiciens s\u2019accordent sur l&#8217;existence de tous les ph\u00e9nom\u00e8nes ci-dessus, ils les interpr\u00e8tent diff\u00e9remment. Les deux principales \u00e9coles de pens\u00e9e qui s\u2019opposent ici sont l\u2019interpr\u00e9tation dite de Copenhague et celle des mondes multiples. Toutes deux admettent les m\u00eames principes math\u00e9matiques fondamentaux, notamment l\u2019\u00e9quation de Schr\u00f6dinger, qui permet de d\u00e9crire tout syst\u00e8me quantique et de d\u00e9terminer l\u2019\u00e9tat pr\u00e9cis dans lequel il peut se trouver parmi tous les \u00e9tats possibles. Pour les tenants de l\u2019interpr\u00e9tation de Copenhague, le fait qu\u2019une mesure force la particule \u00e0 choisir un seul \u00e9tat parmi tous ses \u00e9tats superpos\u00e9s s\u2019appelle la <em>r\u00e9duction de la fonction d&#8217;onde<\/em>. Les partisans de la th\u00e9orie des mondes multiples, eux, nomment ce ph\u00e9nom\u00e8ne la <em>d\u00e9coh\u00e9rence<\/em>, mais pour eux, la fonction d\u2019onde ne choisit pas vraiment un \u00e9tat : tous ses \u00e9tats possibles continuent \u00e0 s\u2019exprimer, mais dans diff\u00e9rentes versions de l\u2019univers qui seraient parall\u00e8les \u00e0 la n\u00f4tre. &nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le th\u00e9or\u00e8me de Bell&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le physicien John Stewart Bell (1928-1990) a d\u00e9montr\u00e9 que si deux s\u00e9ries de mesures sont effectu\u00e9es ind\u00e9pendamment sur chacune des deux particules d\u2019un syst\u00e8me intriqu\u00e9, la corr\u00e9lation de leurs r\u00e9sultats ne peut \u00eatre due \u00e0 des variables cach\u00e9es que si elles respectent des contraintes math\u00e9matiques connues aujourd\u2019hui sous le nom d\u2019<em>in\u00e9galit\u00e9s de Bell<\/em>. Mais plus tard au cours de sa carri\u00e8re, John Bell d\u00e9montra \u00e9galement que la physique quantique pr\u00e9dit certaines corr\u00e9lations qui violent ces in\u00e9galit\u00e9s. Cela signifie que si variables cach\u00e9es il y a, celles-ci sont forc\u00e9ment non-locales et capables de transmettre instantan\u00e9ment des informations entre les deux particules enchev\u00eatr\u00e9es m\u00eame si ces derni\u00e8res sont situ\u00e9es aux deux extr\u00e9mit\u00e9s de la galaxie. Comme le dit Bell lui-m\u00eame : \u00ab Si [une th\u00e9orie des variables cach\u00e9es] est locale, elle contredit la m\u00e9canique quantique. Si elle s\u2019accorde avec les th\u00e9ories quantiques, elle viole le principe de localit\u00e9. \u00bb Cette non-localit\u00e9 est effectivement en contradiction compl\u00e8te avec la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 d\u2019Einstein.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019interpr\u00e9tation de Copenhague et la th\u00e9orie des mondes multiples<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux \u00e9coles de pens\u00e9e s\u2019opposent dans leurs interpr\u00e9tations respectives des fondements math\u00e9matiques de la m\u00e9canique quantique. \u00c0 ce niveau, il ne s\u2019agit pas d\u2019un d\u00e9bat scientifique mais de divergences d\u2019opinion et d\u2019analyse philosophique, car aucune exp\u00e9rience n\u2019est parvenue \u00e0 trancher entre ces deux interpr\u00e9tations \u00e0 ce jour.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u2019autres termes, les deux \u00e9coles de pens\u00e9e admettent la notion d\u2019enchev\u00eatrement quantique mais l\u2019expliquent diff\u00e9remment quoique toujours en contradiction avec les lois de la physique classique. Mais justement, c&#8217;est cette particularit\u00e9 qui rend la notion d&#8217;enchev\u00eatrement si int\u00e9ressante au point de vue philosophique : elle nous force \u00e0 remettre en question notre vision de la r\u00e9alit\u00e9 que nous croyons guid\u00e9e par le bon sens et qui s\u2019av\u00e8re pourtant lacunaire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019interpr\u00e9tation de Copenhague&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La fonction d&#8217;onde d\u2019un syst\u00e8me quantique n\u2019est pas un objet r\u00e9el aux propri\u00e9t\u00e9s clairement d\u00e9finissables. Elle ne fait que d\u00e9crire la probabilit\u00e9 de pr\u00e9sence d\u2019une particule mais ne donne pas son emplacement pr\u00e9cis. C\u2019est le physicien Max Born, s\u2019appuyant sur le travail d\u2019Einstein, qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019utilisation des probabilit\u00e9s en m\u00e9canique quantique. Il a d\u00e9montr\u00e9 que la probabilit\u00e9 qu&#8217;une particule se trouve \u00e0 un endroit donn\u00e9 est \u00e9gale au carr\u00e9 de l&#8217;amplitude de la fonction d&#8217;onde de cet endroit.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute tentative d\u2019effectuer une mesure sur le syst\u00e8me intriqu\u00e9 se solde par une r\u00e9duction de la fonction d\u2019onde de sorte que cette derni\u00e8re dispara\u00eet et la particule appara\u00eet.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le second aspect essentiel que l\u2019\u00e9quation de Schr\u00f6dinger a mis au jour est le principe de superposition : les ondes sont toujours superposables les unes aux autres parce que les courbes sinuso\u00efdales et cosinuso\u00efdales de param\u00e8tres donn\u00e9s sont cumulables et peuvent \u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9modul\u00e9es conform\u00e9ment au principe de Fourier, nomm\u00e9 ainsi d\u2019apr\u00e8s le grand math\u00e9maticien Joseph Fourier.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que la fonction d\u2019onde puisse se r\u00e9duire \u00e0 chacun de ces endroits, Born d\u00e9montre que la probabilit\u00e9 qu\u2019elle se r\u00e9duise \u00e0 un endroit pr\u00e9cis est \u00e9gale au carr\u00e9 de l\u2019amplitude de la fonction d\u2019onde, dont la somme est donc \u00e9gale \u00e0 1.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque, dans certains processus, deux particules sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9es, ces deux particules partagent une seule et unique fonction d\u2019onde qui permet de calculer tous les \u00e9tats possibles des deux particules, comme leur v\u00e9locit\u00e9, leur moment cin\u00e9tique, etc. Il suffit de prendre une mesure de cette fonction d\u2019onde pour la r\u00e9duire et faire appara\u00eetre les deux particules en m\u00eame temps. Dans ces conditions, toute mesure effectu\u00e9e sur l\u2019une des particules revient \u00e0 effectuer la m\u00eame mesure sur l\u2019autre particule exactement au m\u00eame moment : c\u2019est l\u2019essence m\u00eame du principe de l\u2019enchev\u00eatrement. Bien s\u00fbr, l\u00e0 o\u00f9 les choses deviennent vraiment \u00e9tranges, c\u2019est que m\u00eame si les deux particules intriqu\u00e9es sont situ\u00e9es chacune aux deux extr\u00eames de l\u2019univers, \u00e0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 l&#8217;on agit sur l\u2019une, l\u2019autre change d\u2019\u00e9tat instantan\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour r\u00e9sumer, les tenants de l\u2019interpr\u00e9tation de Copenhague consid\u00e8rent que le principe de superposition provoque l\u2019enchev\u00eatrement, c\u2019est-\u00e0-dire la fusion des ondes en une seule, et que lorsque cette onde est r\u00e9duite, elle fait appara\u00eetre les deux particules en m\u00eame temps.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>La th\u00e9orie des mondes multiples<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pour les d\u00e9fenseurs de la th\u00e9orie des mondes multiples, la r\u00e9duction de la fonction d\u2019onde n\u2019existe pas. \u00c0 la place, la prise de mesure, en interagissant avec le syst\u00e8me quantique, provoque une <em>d\u00e9coh\u00e9rence, <\/em>c\u2019est-\u00e0-dire une s\u00e9paration de tous les \u00e9tats quantiques possibles, dont l\u2019un s\u2019exprime dans notre r\u00e9alit\u00e9 et tous les autres s\u2019expriment dans d\u2019autres r\u00e9alit\u00e9s parall\u00e8les \u00e0 la n\u00f4tre. Les autres \u00e9tats existent donc, mais hors de notre port\u00e9e. Le physicien David Deutsch compare ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 des <em>polaro\u00efds <\/em>(\u00ab <em>snapshots<\/em> \u00bb).<em>&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cette interpr\u00e9tation soul\u00e8ve un certain nombre de questions simples, mais auxquelles seules des r\u00e9ponses tr\u00e8s compliqu\u00e9es peuvent \u00eatre apport\u00e9es. Par exemple :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>1 \u2013 En quoi consiste r\u00e9ellement cette s\u00e9paration en plusieurs mondes ?<\/p>\n\n\n\n<p>2 \u2013 Trop de postulats sont sous-entendus, c\u2019est bien trop complexe.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Prenons deux particules. Chacune poss\u00e8de un moment cin\u00e9tique intrins\u00e8que et une position propre. En l\u2019absence d\u2019influence ext\u00e9rieure (macro), les deux particules sont expos\u00e9es \u00e0 une interaction quantique qui les s\u00e9pare, mais cela n\u2019affecte pas leurs \u00e9tats respectifs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le moment cin\u00e9tique combin\u00e9 des deux particules doit demeurer exactement le m\u00eame qu\u2019avant la s\u00e9paration de leurs \u00e9tats. La r\u00e9partition du moment cin\u00e9tique ne doit pas n\u00e9cessairement \u00eatre de 50-50, elle peut aussi \u00eatre de 90-10, 55-45, etc. Il est impossible de conna\u00eetre cette r\u00e9partition compte tenu de la nature probabiliste de l&#8217;interpr\u00e9tation des nombreux mondes car on ne sait pas dans quel monde elles se trouvent. \u00c0 ce sujet, l\u2019interpr\u00e9tation des mondes multiples et celle de Copenhague sont d\u2019accord : on ne sait absolument pas comment est r\u00e9parti le moment cin\u00e9tique avant d\u2019avoir effectu\u00e9 la mesure.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut savoir que dans tous les cas, de nombreux physiciens sont d\u2019avis qu\u2019il est inutile de trop sp\u00e9culer sur l\u2019interpr\u00e9tation du ph\u00e9nom\u00e8ne, car seul compte le fait que les principes math\u00e9matiques qui le d\u00e9crivent demeurent valables : nous ne disposons pas \u00e0 l\u2019heure actuelle de moyens technologiques suffisants pour mettre au point une exp\u00e9rience permettant de confirmer l\u2019une ou l\u2019autre de ces interpr\u00e9tations.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le principe d\u2019incertitude d\u2019Heisenberg<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le monde quantique comporte donc une part d\u2019incertitude si intrins\u00e8que qu\u2019elle poss\u00e8de m\u00eame un nom : le <em>principe d\u2019incertitude d\u2019Heisenberg<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme en physique classique, l\u2019intrication quantique dit que lorsque l\u2019on prend une mesure d&#8217;une particule et qu\u2019on trouve qu&#8217;elle a un tiers de la quantit\u00e9 totale d\u2019une grandeur observable, alors on sait que l&#8217;autre particule a les deux tiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il faut aussi comprendre qu\u2019en vertu du principe d\u2019incertitude, vous ne pouvez pas conna\u00eetre pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la fois la position et la v\u00e9locit\u00e9 d\u2019une particule. Donc plus vous mesurez finement la vitesse, plus la position est vague. Inversement, plus vous ciblez la position de cette particule, moins sa vitesse est pr\u00e9cis\u00e9ment calculable.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En physique classique, on pourrait dire que ces incertitudes sont dues \u00e0 des variables cach\u00e9es et ne font que refl\u00e9ter le fait que l\u2019observateur manque d\u2019informations pour conna\u00eetre \u00e0 la fois la position et le moment cin\u00e9tique de la particule. Il est impensable que le fait de mesurer une grandeur puisse en rendre une autre impossible \u00e0 mesurer avec pr\u00e9cision. Mais \u00e0 l\u2019\u00e9chelle quantique, c&#8217;est pourtant bien ce qui se passe, et ce n\u2019est pas \u00e0 cause d&#8217;un manque de connaissance \u2013 l&#8217;incertitude est une propri\u00e9t\u00e9 intrins\u00e8que de la r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame.&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, si l\u2019on mesure la position, le moment cin\u00e9tique ne peut plus nous \u00eatre connu que de fa\u00e7on tr\u00e8s impr\u00e9cise. Cela peut \u00eatre d\u00fb \u00e0 la r\u00e9duction de la fonction d\u2019onde ou au fait que le moment cin\u00e9tique soit \u00e9parpill\u00e9 dans plusieurs copies de l\u2019univers, en fonction de l\u2019\u00e9cole d\u2019interpr\u00e9tation que l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Dans le grand d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es entre Einstein et Bohr, Heisenberg \u00e9tait nettement du c\u00f4t\u00e9 de Bohr, tandis que Schr\u00f6dinger \u00e9tait d\u2019accord avec Einstein.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La mesure de la position d&#8217;une particule est associ\u00e9e en m\u00e9canique quantique \u00e0 l&#8217;application de l&#8217;op\u00e9rateur de position \u00e0 la fonction d&#8217;onde. La mesure d&#8217;une particule est comprise comme l&#8217;application de l&#8217;op\u00e9rateur de d\u00e9riv\u00e9e partielle par rapport \u00e0 la position \u00e0 la fonction d&#8217;onde (l&#8217;impulsion, not\u00e9e p, est classiquement la masse de la particule multipli\u00e9e par sa vitesse, et la vitesse est d\u00e9finie comme la d\u00e9riv\u00e9e de la position par rapport au temps). Les deux op\u00e9rateurs, position et le moment cin\u00e9tique, ne commutent pas entre eux. Nous ne pouvons pas les mesurer en m\u00eame temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous connaissons l&#8217;un d&#8217;eux avec une bonne pr\u00e9cision (celui que nous mesurons en premier), alors l&#8217;autre sera connu avec une faible pr\u00e9cision. Ce fait que la position et la quantit\u00e9 de mouvement d&#8217;une m\u00eame particule ne peuvent pas \u00eatre localis\u00e9s avec une grande pr\u00e9cision, est appel\u00e9 <em>principe d&#8217;incertitude<\/em>. Le principe d&#8217;incertitude d\u2019Heisenberg est sa deuxi\u00e8me contribution importante \u00e0 la th\u00e9orie quantique apr\u00e8s sa formulation de la m\u00e9canique matricielle. \u00bb *2<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La d\u00e9coh\u00e9rence quantique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Arr\u00eatons-nous sur la grande diff\u00e9rence entre la th\u00e9orie des mondes multiples et l\u2019interpr\u00e9tation de Copenhague. On a vu que la th\u00e9orie des mondes multiples ne reconna\u00eet pas la r\u00e9alit\u00e9 du concept de r\u00e9duction de la fonction d\u2019onde. Pour elle, le ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9coh\u00e9rence cr\u00e9e l\u2019illusion d\u2019une telle r\u00e9duction. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le principe de d\u00e9coh\u00e9rence quantique veut que la fonction d\u2019onde passe progressivement d\u2019une situation o\u00f9 elle s\u2019exprime \u00e0 travers de multiples \u00e9tats \u00e0 une situation o\u00f9 elle ne s\u2019exprime qu\u2019\u00e0 travers un seul \u00e9tat en raison de ses interactions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es avec son environnement, lui-m\u00eame constitu\u00e9 de fonctions d\u2019onde (tout est constitu\u00e9 de fonctions d\u2019onde). Toutes ces fonctions d\u2019onde s\u2019emm\u00ealent les unes dans les autres jusqu\u2019\u00e0 produire un syst\u00e8me enchev\u00eatr\u00e9 d\u2019une extr\u00eame complexit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous reprenons le chat de Schr\u00f6dinger, par exemple, nous devons pr\u00e9ciser que cette exp\u00e9rience comporte certaines lacunes. L&#8217;\u00e9chantillon radioactif au c\u0153ur du dispositif n\u2019aurait r\u00e9ellement 50 % de chances de se d\u00e9sint\u00e9grer que si aucune mesure ne l\u2019avait affect\u00e9 au pr\u00e9alable. Or il est impossible dans la r\u00e9alit\u00e9 des choses de garantir une situation vierge de toute interaction de l\u2019environnement avec les atomes. De plus, un chat est un syst\u00e8me gigantesque \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la physique quantique, et chaque particule doit interagir ou \u00eatre mesur\u00e9e de nombreuses fois pour que sa fonction d\u2019onde se r\u00e9duise. En d\u2019autres termes, l\u2019exp\u00e9rience n\u2019est pas du tout faite dans un milieu contr\u00f4l\u00e9 en raison du fait qu\u2019elle concerne le monde macroscopique, mais c\u2019est bien ce qui int\u00e9resse la th\u00e9orie des mondes multiples. \u00c0 notre \u00e9chelle, les ph\u00e9nom\u00e8nes quantiques sont tr\u00e8s difficiles \u00e0 isoler, cela explique pourquoi il est impossible d\u2019enchev\u00eatrer des syst\u00e8mes macroscopiques.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le temps en physique contemporaine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019est-ce que le temps ? On admet g\u00e9n\u00e9ralement comme une \u00e9vidence que le moment pr\u00e9sent n\u2019est pas fixe mais se d\u00e9cale toujours un petit peu plus vers le futur : c\u2019est ce que l\u2019on appelle <em>l&#8217;\u00e9coulement du temps, <\/em>sur lequel est fond\u00e9e notre perception de ce si myst\u00e9rieux concept de temps.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On dit souvent, donc, que le moment pr\u00e9sent semble avancer dans le temps, car on ne le d\u00e9finit que relativement \u00e0 notre conscience, qui se meut elle aussi d\u2019instant en instant. Pourtant, ce n\u2019est pas vraiment ce qui se passe, car la conscience ne peut absolument pas fonctionner ainsi : on \u00e9tablit un parall\u00e8le entre la conscience et la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9coulement du temps, et au premier abord cela semble \u00eatre tout-\u00e0-fait raisonnable. Mais ni le temps ni la conscience ne sont r\u00e9ductibles \u00e0 de simples unit\u00e9s ponctuelles qui avancent par petits bonds de moment en moment. Rien ne peut fonctionner ainsi en r\u00e9alit\u00e9 : tout ce qui existe \u00e0 un moment donn\u00e9 existe dans ce moment pour toujours, et notre conscience existe \u00e0 chaque instant que nous passons \u00e0 l\u2019\u00e9tat \u00e9veill\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, nous discernons la diff\u00e9rence entre notre perception de l\u2019instant pr\u00e9sent et nos souvenirs pr\u00e9sents de perceptions pass\u00e9es. Nous interpr\u00e9tons correctement ces diff\u00e9rences comme la preuve que l&#8217;univers change avec le temps. Nous les interpr\u00e9tons \u00e9galement de mani\u00e8re incorrecte, comme une preuve que notre conscience, ou le pr\u00e9sent, ou quelque chose se d\u00e9place dans le temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Imaginons que le moment pr\u00e9sent soit vraiment mobile : s\u2019il cessait ses petits bonds vers le futur pendant quelques jours, puis reprenait sa course dix fois plus vite qu\u2019auparavant, percevrions-nous quelque chose d\u2019inhabituel ? La r\u00e9ponse est non. En fait, cette question n\u2019a aucun sens. Il n\u2019est rien qui ne puisse se mouvoir, s\u2019arr\u00eater ou s\u2019\u00e9couler, et cette notion d\u2019\u00e9coulement du temps n\u2019a aucun fondement r\u00e9el. On imagine la r\u00e9alit\u00e9 comme une succession d\u2019images fig\u00e9es (\u201c<em>snapshots\u201d<\/em>) comme des perles sur un fil \u2013 ou comme des \u00e9v\u00e9nements sur une chronologie \u2013, la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tant ici la somme de toutes les perceptions conscientes de tous les observateurs&#8230; y compris leur conception erron\u00e9e que le temps s\u2019\u00e9coule. Sauf que ce n\u2019est pas parce que nous nous repr\u00e9sentons le temps comme une ligne sur laquelle l\u2019instant pr\u00e9sent avance, s\u2019arr\u00eate et repart \u2013 parfois en sens inverse \u2013 le tout cessant m\u00eame quelquefois d\u2019exister compl\u00e8tement, que cette repr\u00e9sentation refl\u00e8te la r\u00e9alit\u00e9 : rien n\u2019avance sur la ligne&#8230; le temps ne s\u2019\u00e9coule pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais alors, pourquoi nous accrochons-nous autant \u00e0 ces deux notions contradictoires du pr\u00e9sent qui avance et de la succession de moments diff\u00e9rents ? Parce que nous en avons besoin \u2013 ou nous croyons en avoir besoin \u2013 dans la vie de tous les jours. Nous y faisons constamment r\u00e9f\u00e9rence, quoique s\u00e9par\u00e9ment. Nous percevons les \u00e9v\u00e9nements comme \u00e9tant des successions d\u2019instants fig\u00e9s et nous structurons ces \u00e9v\u00e9nements les uns par rapport aux autres en fonction de rapports de cause \u00e0 cons\u00e9quence comme si le pr\u00e9sent \u00e9tait mobile.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la structure de la r\u00e9alit\u00e9 contient d\u00e9j\u00e0 le pass\u00e9 et le futur. Quant au pr\u00e9sent, il n\u2019est en fait qu\u2019un mirage r\u00e9sultant de la mani\u00e8re dont fonctionne notre conscience. Nous ne faisons, en r\u00e9alit\u00e9, aucun choix &#8211; m\u00eame lorsque nous croyons \u00eatre en train de nous d\u00e9cider entre plusieurs choix possibles, la d\u00e9cision finale est d\u00e9j\u00e0 prise et pr\u00e9sente sur sa petite tranche d\u2019espace-temps, inalt\u00e9rable, comme tout dans l\u2019espace-temps. Nos d\u00e9lib\u00e9rations n\u2019y font strictement rien, m\u00eame si elle nous paraissent elles-m\u00eames alt\u00e9rables, elles sont pourtant d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, elles aussi, sur leurs tranches de temps, avant m\u00eame que nous le sachions.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9nonc\u00e9s en \u00ab si\u2026 alors \u00bb ne peuvent \u00eatre r\u00e9solus dans un monde physique bas\u00e9 sur l\u2019espace-temps, car ce dernier est r\u00e9gi par une r\u00e8gle incontournable : une seule chose se passe en r\u00e9alit\u00e9, tout le reste n\u2019est que le produit de notre imagination. Cet \u00e9tat de fait signifie n\u00e9cessairement que les \u00e9nonc\u00e9s conditionnels dont la pr\u00e9misse n\u2019est pas vraie, par exemple \u00ab Si Faraday \u00e9tait mort en 1830 \u00bb, ne veulent strictement rien dire. En logique, cela s\u2019appelle le <em>conditionnel contrefactuel<\/em>. Les \u00e9nonc\u00e9s contrefactuels sont des paradoxes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les quatre piliers d\u2019inspiration de mes albums<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Source 1 \u2013 L&#8217;\u00e9coulement du temps<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la mort de son ami Michel Besso, Einstein, tr\u00e8s affect\u00e9, \u00e9crivit \u00e0 la famille Besso une lettre aujourd\u2019hui bien connue : \u00ab <em>Et l\u00e0, il a quitt\u00e9 ce monde bizarre un petit peu avant moi. Cela ne veut rien dire. Les gens comme nous, qui croient \u00e0 la physique, savent que la distinction entre le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et l&#8217;avenir n&#8217;est qu&#8217;une illusion obstin\u00e9ment persistante. \u00bb <\/em>Cette conception du temps, je l\u2019ai \u00e9tudi\u00e9e en plein deuil de ma m\u00e8re et de ma s\u0153ur. Elle m\u2019a tellement aid\u00e9e qu\u2019elle est devenue l\u2019une de mes quatre principales sources d\u2019inspiration : comment puis-je traduire en musique l\u2019id\u00e9e que la lin\u00e9arit\u00e9 du temps n\u2019existe pas, quand un morceau de musique se d\u00e9roule de fa\u00e7on lin\u00e9aire ?&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Source 2 \u2013 L&#8217;enchev\u00eatrement quantique<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enchev\u00eatrement, ou intrication quantique, est un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019union de deux particules en un seul et unique syst\u00e8me au sein duquel les deux particules deviennent cod\u00e9pendantes quelle que soit la distance qui les s\u00e9pare. Un tel \u00e9tat est dit \u00ab intriqu\u00e9 \u00bb car il existe des corr\u00e9lations entre les propri\u00e9t\u00e9s physiques observ\u00e9es de ces particules distinctes. Le th\u00e9or\u00e8me de Bell montre que l&#8217;intrication donne lieu \u00e0 des actions non locales entre les particules.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, si par exemple deux particules O1 et O2 sont enchev\u00eatr\u00e9es, cela ne signifie pas que les deux particules ne sont pas ind\u00e9pendantes, m\u00eame si elles sont s\u00e9par\u00e9es par une grande distance, et nous devons consid\u00e9rer {O1 + O2} comme un seul syst\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais cr\u00e9er quatre albums, en les percevant comme des syst\u00e8mes, au sein desquels ces albums (particules) d\u00e9pendent les uns des autres, quelle que soit la distance qui les s\u00e9pare. Du point de vue de mon projet, la distance ici sera exprim\u00e9e par le temps. Les \u00e9tats et les corr\u00e9lations physiques seront repr\u00e9sent\u00e9s par le fait qu&#8217;un premier album produit sera d\u00e9pendant du second de sorte que les deux albums devront \u00eatre \u00e9cout\u00e9s simultan\u00e9ment, donc les deux albums seront consid\u00e9r\u00e9s comme un seul syst\u00e8me et faisant r\u00e9f\u00e9rence au principe de non-localit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Source 3 \u2013 L&#8217;interpr\u00e9tation de Copenhague<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019heure actuelle, les deux \u00e9coles de pens\u00e9e pour expliquer le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019enchev\u00eatrement sont l\u2019interpr\u00e9tation de Copenhague, avec son application de l\u2019\u00e9quation de Schr\u00f6dinger, et la th\u00e9orie des mondes multiples de Hugh Everett.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation de Copenhague est ainsi nomm\u00e9e du fait qu\u2019elle est le fruit de la pens\u00e9e du physicien Niels Bohr, qui remettait en question l\u2019existence d\u2019un temps absolu et d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 qui s\u2019inscrit hors du temps et de l\u2019espace. Pour Bohr, il est essentiel de ne jamais perdre de vue que le r\u00f4le de la physique est avant tout de d\u00e9crire ce qui est strictement observable.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019univers d\u00e9crit par l\u2019\u00e9quation de Schr\u00f6dinger se compose de vastes champs quantiques au sein duquel ondulent de nombreuses fonctions d\u2019onde. Ceux-ci repr\u00e9sentent l&#8217;\u00e9tat quantique d&#8217;un syst\u00e8me dans une base de dimension infinie. L&#8217;effondrement de la fonction d&#8217;onde est un concept fondamental pour les tenants de l\u2019interpr\u00e9tation de Copenhague, selon qui, apr\u00e8s une mesure, un syst\u00e8me physique (par exemple une particule) voit son \u00e9tat enti\u00e8rement r\u00e9duit \u00e0 celui qui a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9. Ainsi, la particule ne peut pas se voir attribuer une position pr\u00e9cise dans l&#8217;espace et le temps avant la mesure.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le simple fait d\u2019observer une fonction d\u2019onde qui contraint celle-ci \u00e0 se r\u00e9duire, nous donnant ainsi une panoplie de probabilit\u00e9s de position d&#8217;une particule. En effet, la particule ne se mat\u00e9rialise que lorsque la fonction d\u2019onde se r\u00e9duit. Pour l\u2019interpr\u00e9tation de Copenhague, c\u2019est la r\u00e9duction instantan\u00e9e de la fonction d\u2019onde commune \u00e0 deux particules intriqu\u00e9es qui permet de conna\u00eetre ces possibilit\u00e9s de position. Je cherche \u00e0 traduire ces concepts d\u2019intrication et de r\u00e9duction de la fonction d\u2019onde en musique au moyen d\u2019ondes musicales et de fr\u00e9quences sonores.<\/p>\n\n\n\n<p>Source 4 \u2013 La th\u00e9orie des mondes multiples<\/p>\n\n\n\n<p>Le physicien Hugh Everett propose une vision compl\u00e8tement diff\u00e9rente &#8211; et controvers\u00e9e &#8211; de la r\u00e9alit\u00e9 dans sa th\u00e9orie des univers multiples, aussi connue sous le nom des mondes multiples. Cette th\u00e9orie repose sur la notion de d\u00e9coh\u00e9rence quantique, qui aujourd\u2019hui apporte une explication \u00e0 la raison pour laquelle les lois les plus \u00e9tranges de la m\u00e9canique quantique ne s\u2019observent jamais \u00e0 l\u2019\u00e9chelle macroscopique.<\/p>\n\n\n\n<p>En \u00e9cartant la notion de r\u00e9duction de la fonction d\u2019onde, Hugh Everett prend le contrepied de l\u2019interpr\u00e9tation de Copenhague. Sa notion de d\u00e9coh\u00e9rence quantique d\u00e9crit la perte d&#8217;informations d&#8217;un \u00e9tat quantique sp\u00e9cifique lorsqu&#8217;il interagit de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9e avec son environnement. Il se passe un peu la m\u00eame chose en physique classique : quand une particule est chauff\u00e9e, elle s\u2019agite de mani\u00e8re d\u00e9sordonn\u00e9e, ce qui modifie son \u00e9tat. Le ph\u00e9nom\u00e8ne apparent d&#8217;effondrement de la fonction d&#8217;onde est plut\u00f4t le r\u00e9sultat d&#8217;une d\u00e9coh\u00e9rence quantique&nbsp;: l&#8217;interaction entre le syst\u00e8me quantique et un syst\u00e8me macroscopique conduit \u00e0 de nombreux cas distincts de l&#8217;appareil d&#8217;observation, et la mesure finale que l&#8217;observateur voit se trouve dans un seul de ces univers.<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e9orie des mondes multiples se d\u00e9barrasse ainsi de la notion de r\u00e9duction de la fonction d\u2019onde pour expliquer le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019enchev\u00eatrement quantique plus simplement : les particules conservent leur \u00e9tat initial m\u00eame apr\u00e8s une interaction, et le caract\u00e8re al\u00e9atoire des r\u00e9sultats de mesures est simplement la cons\u00e9quence du fait que de nombreux mondes parall\u00e8les sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9s sous l\u2019effet de d\u00e9coh\u00e9rence provoqu\u00e9 par les appareils de mesure.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut noter toutefois que le terme d\u2019univers multiples associ\u00e9 \u00e0 cette th\u00e9orie peut induire en erreur. Pour Everett, il n\u2019y a bien qu\u2019un seul univers, mais ce dernier est s\u00e9par\u00e9 en sections parall\u00e8les \u00e9tanches les unes aux autres. Les cons\u00e9quences \u00e0 l\u2019\u00e9chelle macroscopique de l\u2019existence de ces sections ne sont pas du tout mesurables \u00e0 l\u2019heure actuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment puis-je repr\u00e9senter cette notion de d\u00e9coh\u00e9rence alors que notre monde macroscopique d\u00e9truit la puret\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes quantiques ? L\u2019id\u00e9e qu\u2019un syst\u00e8me perde une partie de ses donn\u00e9es qui se noient dans leur environnement est inspirante.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mes recherches sur la m\u00e9canique quantique ont ainsi fait na\u00eetre l\u2019inspiration \u00e0 l\u2019origine des quatre albums que je vais composer, qui fonctionneront comme deux paires d\u2019albums enchev\u00eatr\u00e9s. En ce qui concerne l\u2019\u00e9quation de Schr\u00f6dinger, je la repr\u00e9senterai en \u00e9voquant la r\u00e9duction de la fonction d\u2019onde au moyen de fr\u00e9quences et ondes musicales. Quant \u00e0 la d\u00e9coh\u00e9rence, je l\u2019exprimerai en proposant mes albums \u00e0 l\u2019\u00e9coute sur un DAW, ce qui permettra de les \u00e9couter simultan\u00e9ment. Enfin, j\u2019utiliserai des disques vinyle pour traduire l\u2019intrusion d\u2019un monde macroscopique dans un monde num\u00e9rique.\u00a0 \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Afin d&#8217;\u00e9couter les deux albums ensemble, alignez la piste 01 Unified quantum state de ROOM40 et la piste 01 Instantaneous knowledge d&#8217;Erototox Decodings dans votre DAW, et r\u00e9glez le volume en cons\u00e9quence. Vous pouvez faire la m\u00eame chose avec les pistes 02 de chaque album. Si vous n&#8217;avez pas de DAW, t\u00e9l\u00e9chargez Audacity, c&#8217;est gratuit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mon interpr\u00e9tation des photons sombres<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De 2017 \u00e0 2019, une \u00e9trange partenaire de vie s&#8217;est immisc\u00e9e dans l&#8217;intimit\u00e9 de mon quotidien : la Mort. Profond\u00e9ment affect\u00e9e par la perte de Mika Vainio et de trois membres de ma famille, je plongeai dans une r\u00e9flexion profonde sur la vie, la mort et tout ce qu\u2019il y a entre les deux. C\u2019est dans cet \u00e9tat d\u2019esprit que je me trouvais lorsqu\u2019un jour, au gr\u00e9 de mes recherches sur la philosophie de la science, je tombai sur les photons sombres. &nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a les photons normaux, ceux que nous pouvons voir ou au moins d\u00e9tecter avec des instruments. Mais les photons sombres sont invisibles. On ne peut les d\u00e9tecter que de mani\u00e8re indirecte, lorsqu\u2019ils interf\u00e8rent avec des photons normaux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Photons et photons sombres partagent les m\u00eames propri\u00e9t\u00e9s intrins\u00e8ques : ils sont tangibles dans leur univers et intangibles dans tous les univers parall\u00e8les au leur.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, les photons sombres se d\u00e9placent \u00e0 la vitesse de la lumi\u00e8re, rebondissent sur les surfaces r\u00e9fl\u00e9chissantes, sont r\u00e9fract\u00e9s par des lentilles et bloqu\u00e9s par des panneaux opaques ou encore des filtres de certaines couleurs. Et malgr\u00e9 tout, ils \u00e9chappent aux d\u00e9tecteurs les plus sensibles ! La seule chose qu\u2019un photon sombre peut affecter est son photon jumeau normal. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne se nomme l\u2019<em>interf\u00e9rence<\/em> et on l\u2019observe du fait qu\u2019il cr\u00e9e des motifs d\u2019ombres assez particuliers sans lesquels nous n\u2019aurions aucune id\u00e9e de l\u2019existence des photons sombres. \u00bb *<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9tablis un parall\u00e8le entre la mort et les photons sombres : les univers parall\u00e8les, le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019interf\u00e9rence, la fa\u00e7on dont un photon sombre affecte son photon jumeau dans notre r\u00e9alit\u00e9 me font penser \u00e0 la mort comme un univers inconnu et immat\u00e9riel parall\u00e8le au n\u00f4tre qui nous affecte malgr\u00e9 tout, nous les humains qui demeurons dans l&#8217;univers mat\u00e9riel. Cette perspective m\u2019a amen\u00e9e \u00e0 accepter plus facilement le chaos dans ma vie et \u00e0 dire que <em>La Mort est perfection, tout le reste est relatif<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En guise de conclusion, je vous offre cette citation de Bohm qui \u00e9claire, je l\u2019esp\u00e8re, notre conception de la r\u00e9alit\u00e9 :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Je suis convaincu que la raison pour laquelle des particules \u00e9l\u00e9mentaires sont capables de rester li\u00e9es quelle que soit la distance qui les s\u00e9pare n\u2019est pas qu\u2019elles parviennent \u00e0 communiquer en s\u2019envoyant des signaux qui nous \u00e9chappent, mais que leur s\u00e9paration est une illusion. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je remercie mille fois M. Richard Hodgskin-Brown d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 un mentor aussi dou\u00e9 que patient. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, j\u2019ai pu acqu\u00e9rir une compr\u00e9hension tr\u00e8s fine du ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019enchev\u00eatrement quantique et avancer dans mes recherches sans me disperser. Il m\u2019a aid\u00e9e \u00e0 organiser mes pens\u00e9es et m\u2019a expliqu\u00e9 des concepts complexes avec une clart\u00e9 impressionnante. Je lui suis tr\u00e8s reconnaissante, parce que je continue \u00e0 apprendre encore aujourd\u2019hui. Entre l\u2019abandon et la flamme de la pers\u00e9v\u00e9rance se dresse souvent un mentor d\u2019exception. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>France Jobin \u00a92023<\/p>\n\n\n\n<p>Traduction: C\u00e9line Vergne<\/p>\n\n\n\n<p>*1 <em>Entanglement<\/em>, Amic C Aczel, <em>Entanglement<\/em> &#8211; Amir Aczel, John Wiley &amp; sons Ltd, 2003<\/p>\n\n\n\n<p>*2 <em>Entanglement<\/em>, Amic C Aczel, <em>Entanglement<\/em> &#8211; Amir Aczel, John Wiley &amp; sons Ltd, 2003<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Articles et ouvrages<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.livescience.com\/what-is-quantum-entanglement.html\">https:\/\/www.livescience.com\/what-is-quantum-entanglement.html<\/a><br>Aczel, Amir, <em>Entanglement,<\/em> John Wiley &amp; sons Ltd, 2003<br>Brody, Jeff, <em>Quantum entanglement<\/em>, MIT Press, 2020<br>Clegg, Brian, <em>The God effect<\/em>, St-Martin\u2019s Press, 2006<br>Deutsch, David,<em> The Fabric of Reality,<\/em> Penguin Press, 1997<br>Hawking, Stephen, <em>A brief history of time<\/em>, Bantam Book, 1988<br>Kaku, Michio, <em>Hyperspace<\/em>, Oxford University Press, 1994<br>Rovelli, Carlo, <em>Seven Brief Lessons in Physics<\/em>, Riverhead Books, 2014<br>Rovelli, Carlo, <em>Reality is not what it seems,<\/em> Riverhead Books, 2017<br><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cours et conf\u00e9rences&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aspect, Alain, <em>Le photon onde ou particule ? L\u2019\u00e9tranget\u00e9 quantique mise en lumi\u00e8re<\/em> : &nbsp;<br>Carroll, Sean, <em>The Biggest Ideas in the Universe | 5. Time<\/em> :Carroll, Sean, <em>The Biggest Ideas in the Universe | 8. Entanglement<\/em> :&nbsp;<br>MIT Open Course Ware :<br>Rovelli, Carlo, <em>The Illusion of time<\/em> :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie pour la traduction<\/strong><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Barrau, Aur\u00e9lien, <em>Des univers multiples<\/em>, EKHO, 2020<\/p>\n\n\n\n<p>Bobroff, Julien, <em>La quantique autrement<\/em>, Flammarion, 2020<\/p>\n\n\n\n<p>Bricmont, Jean, <em>Comprendre la physique quantique<\/em>, Odile Jacob, 2020<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9on, Jacques, <em>La physique quantique dans tous ses \u00e9tats<\/em>, Ellipses, 2019<\/p>\n\n\n\n<p>Lucchese, Vincent, <em>L\u2019\u00e9coulement du temps est une illusion<\/em>, 2016, disponible \u00e0 l\u2019adresse https:\/\/usbeketrica.com\/fr\/article\/l-ecoulement-du-temps-est-une-illusion<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La m\u00e9canique quantique m\u2019a ouvert les portes d\u2019un monde complexe, qui ne se laisse pas facilement appr\u00e9hender. Ce monde de probabilit\u00e9s infinies nous apprend que nos yeux ne sont pas du tout assez per\u00e7ants pour percevoir l\u2019univers tel qu\u2019il est r\u00e9ellement. Cette perspective me parle beaucoup, car j\u2019y vois une ressemblance avec ma fa\u00e7on d\u2019\u00e9couter &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.francejobin.com\/?page_id=6963\" class=\"more-link\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\"> &#8220;Enchev\u00eatrements &#8211; France Jobin &#8211; Fran\u00e7ais&#8221;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"parent":6611,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-6963","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.francejobin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/6963","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.francejobin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.francejobin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.francejobin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.francejobin.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6963"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.francejobin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/6963\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6991,"href":"https:\/\/www.francejobin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/6963\/revisions\/6991"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.francejobin.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/6611"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.francejobin.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6963"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}